5 000 NEET en Martinique

Par 13/02/2017 - 13:57 • Mis à jour le 13/02/2017 - 13:57

Les NEET, (Not in Education, Employment or Training) sont présents en Martinique. Un acronyme qui renvoie à des jeunes qui ne sont ni étudiant, ni employé, ni stagiaire. Ils seraient environ cinq mille sur notre île même s’il est difficile d’établir un recensement précis. Ces jeunes ne sont en rien des voyous ou des délinquants, bien au contraire. De nombreuses structures tentent de leur venir en aide.

    5 000 NEET en Martinique
Vous avez entre 15 et 29 ans, vous êtes sans emploi, sans stage et vous ne suivez pas de formation ? Vous êtes un Neet.
D’origine anglophone, ce terme n’est pas péjoratif même si on peut penser qu'il stigmatise certaines catégories de personnes. D'autant que ces jeunes ne sont ni délinquants ou ni voyous.

Les profils sont aussi variés que nombreux.

Sébastien, 21 ans, diplômé en cuisine est un Neet. Il est entré dans ce monde-là à la suite de plusieurs entretiens d’embauche infructueux.
Le principal motif de refus qui lui était avancé était son manque d’expérience. Il habite pour l’instant chez ses parents.

Chaque jour, avoue-t-il, ma mère me répète d’envoyer des CV et des lettres de motivations, à des employeurs. Et malgré ses efforts, il n'a toujours pas reçu une réponse positive.

Gina,19 ans, a choisi de faire une pause dans ses études après l’obtention d'un Bac littéraire en juin 2016. A la rentrée universitaire de septembre, elle a commencé une licence en droit.
Elle s’est très vite rendue compte qu’elle n’était pas faite pour cela et a donc arrêté. Pour ne pas perdre une année, la jeune femme a décidé de trouver un emploi. En vain.

Certaines structures cherchent des solutions pour venir en aide aux Neet. C’est le cas de la Mission locale Nord Atlantique. Jean-Michel Loutoby, le directeur, travaille quotidiennement avec certains d’entre eux.

Il estime que le plus gros problème de ces personnes hors du système, c'est qu'elles ont pris l’habitude de rester chez elle à ne rien faire. Elles n’ont donc aucun ou très peu de projets professionnels.

Le directeur de la Mission locale s'est donc saisi d'un dispositif d'État, la Garantie Jeunes, pour propose à ce public un accompagnement général de six semaines.
Cinq semaines sont consacrées au relooking, à la rédaction de CV et de lettres de motivations et au coaching. A l’issue de cette formation, le jeune entame une série de périodes d’immersion en entreprise jusqu'à ce que cela débouche sur un emploi, selon Jean-Michel Loutoby.

Cette Garantie Jeunes a déjà fait ses preuves. Harry, 27 ans, est devenu vendeur à Trinité grâce à ce dispositif. Il dit avoir pris confiance en lui, être devenu plus sérieux et surtout avoir fait le tri dans ses fréquentations.

De son propre aveu, les différents mois de stage qu’il a effectués lui ont redonné le moral. Il reconnaît s’être donner à fond pour décrocher cet emploi de vendeur.

Harry n’est pas un cas isolé, environ 30% des Neet qui intègrent le dispositif Garantie Jeunes redeviennent des actifs. Néanmoins et malgré tous les efforts, de trop nombreux jeunes restent encore hors de tous radars.

Un film à l'initiative de la Mission locale Nord Atlantique retrace le parcours de bénéficiaires de ce dispositif. Vous pouvez le découvrir ci-dessous :



Xavier Chevalier avec Clara Vincent.