Et si l'on apprenait à manger, comme on apprend à lire ?

Par 15/01/2017 - 15:15 • Mis à jour le 15/01/2017 - 15:15

« Avaler sans goûter n'est que ruine du palais » disait Jacques Puisais. Les classes du goût ont pour but de former les enseignants à une méthode d’éveil sensoriel pour qu’ils puissent apprendre aux enfants à mieux déguster les aliments.

    Et si l'on apprenait à manger, comme on apprend à lire ?
C'est un peu le principe des classes du goût initiées dans les années 70 par le spécialiste de l'éducation au goût, Jacques Puisais, qui fit un constat.

Comment donner l'envie à nos enfants de découvrir notre patrimoine alimentaire si nous ne leur donnons pas les clés de compréhension.

Car les bonnes habitudes alimentaires s'apprennent dès le plus jeune âge.

En Martinique, la situation est préoccupante. Les chiffres concernant l'obésité et les maladies chroniques ne cessent de progresser. 1 enfant sur 4 est obèse en Martinique. Il est donc urgent d'apprendre à bien manger.

Après un arrêt des classes du goût à la fin des années 90 (en raison des difficultés financières du Conseil National des Arts Culinaires qui gère l'opération pour le compte de l’État), le projet est relancé en 2012 dans le carde du Programme national pour l'Alimentation.

L’idée? Former les enseignants à une méthode d’éveil sensoriel pour qu’ils puissent apprendre aux enfants à mieux déguster les aliments.

Cette année, le ministère de l’agriculture, de l'agroalimentaire et de la Forêt, et celui de l’éducation nationale ont ainsi mis en place la formation de 8 enseignants, dans un premier temps. Sur l'année, ils espèrent former jusqu'à 30 intervenants.

Les élèves de CM1, CM2 et 6ème auront à partir du 3ème trimestre 8 séances d'éducation au goût.

Pour animer ses séances, les intervenants disposeront d'une mallette pédagogiques composées d'un livret explicatif portant sur les 5 sens, des flacons odorants ou encore un kit tactile. Car au delà du goût, se sont les 5 sens qui seront sollicités.

Philippe Terrieux, chargé de mission politique publique de l'alimentation de la Daaf explique que ce dispositif n'avait pas séduit en 2012, mais aujourd'hui les enseignants martiniquais sont demandeurs. Il a fallu adapter la mallette pédagogique au contexte tropical.