La déconstruction de l'ex-centrale de Bellefontaine, EDF mise sur l'insertion locale

Par • Mis à jour le 24/02/2016 - 21:45

Démarrée en 2015 par une phase de neutralisation, la déconstruction de l'ancienne centrale électrique de Bellefontaine entre dans sa seconde phase. Son originalité ? Elle intègre un certain nombre d'entreprises locales et des publics éloignés de l'emploi et en quête d'insertion.

    La déconstruction de l'ex-centrale de Bellefontaine, EDF mise sur l'insertion locale
Le chantier de déconstruction de l'ancienne centrale électrique d'EDF à Bellefontaine rentre cette année (2016) dans une seconde phase. Ce vaste chantier d'un montant de 40 millions d'euros sur 10 ans a débuté par une phase dite de "sécurisation". Consacrée à la récupération des fluides, des gaz et autres produits polluants, cette étape qui s'est achevé l'an dernier a ainsi permis de "neutraliser" le site.

La phase de déconstruction proprement dite, la plus longue car elle doit durer plusieurs années, doit permettre entre autres de démonter et d'évacuer les moteurs, de dessouder les cuves et de récupérer les matériaux pour être transformer s'il le faut. Dans l'appel d'offres, qui a présidé aux choix des entreprises sous-traitantes, EDF a glissé aux moins deux clauses afin que l'emploi et l'insertion martiniquais aient leur place.

D'aucuns se souviennent que l'entreprise avait été critiquée lors de la construction de la nouvelle centrale de Bellefontaine. On lui avait reproché de faire appel à de la main d'œuvre européenne tenant à l'écart les locaux. Aujourd'hui, grâce à des clauses figurant dans l'appel d'offres, des entreprises locales ont pu être retenues. Et parmi ces clauses, obligation leur est faite de consacrer 30% de leurs embauches à des publics en mal d'insertion ou éloignés de l'emploi.

Pari apparemment gagné avec l'appui du pôle emploi et des missions locales. Lors d'une présentation de l'opération, mercredi 24 février 2016 sur le site, EDF affichait 25 embauches à ce titre soit plus des 30% exigés.

Pour Serge Pique, responsable du chantier de déconstruction, "sur les 4 chantiers qui ont commencé, 3 entreprises locales ont remporté trois chantiers et 25 emplois ont été créés par ces chantiers avec un taux d'insertion moyen de 30%".
Et les résultats de ce taux d'insertion, a-t-il poursuivi, dépassent nos espérances initiales, précisant que pour favoriser cette insertion nous avons anticipé les compétences nécessaires à ces chantiers.

C'est ainsi que les entreprises concernées pourront avoir une visibilité sur ces compétences. Elles concernent les métiers de chaudronnier, de chalumistes oxycoupeurs ou encore d'agents de levage et de manutention qui pourront faire l'objet de formations mises en place avec le soutien du pôle emploi.

Notez qu'au terme de ce long chantier, le site devra être mis en conformité environnementale. Ce sera la dernière phase de l'opération. Sachez enfin qu'une autre partie de l'installation est appelée à devenir un incubateur pour start-up impliquées dans la transition énergétique.
Jean-Philippe Ludon avec Peggy Saint-Ville
@jpludonrci.