Affaire Keziah : les magistrats s'insurgent contre les avocats de la défense

Par 16/11/2020 - 12:01
01/01/2020 - 00:00

Dans un communiqué en date du 16 novembre 2020, les délégués régionaux de l'Union Syndicale des Magistrats et du Syndicat de la magistrature prennent la défense d'une magistrate du parquet de Fort-de-France, prise à partie par les avocats de Keziah Nuissier.

    Affaire Keziah : les magistrats s'insurgent contre les avocats de la défense

« L'Union syndicale des magistrats et le Syndicat de la magistrature ne peuvent accepter que la réputation d’un magistrat soit salie publiquement sans réagir ». Par voie de communiqué ce lundi 16 novembre, les délégués régionaux de l'Union syndicale des Magistrats et du Syndicat de la magistrature répondent directement aux accusations de partialité dont font l'objet un certain nombre de magistrats dans l'affaire Keziah Nuissier. Ces accusations sont formulées « par voie de presse » par les avocats assurant la défense de Keziah : Maître Eddy Arneton et le bâtonnier Raphaël Constant.

Dans le communiqué, les magistrats indiquent que « la fantaisiste saisine de l’inspection générale de la justice annoncée à grand cris dans la presse n’existe pas, un avocat n’ayant aucune compétence pour saisir un service administratif dépendant du ministre de la justice». Et de poursuivre : « les propos honteux tenus sur la partialité d'une magistrate du parquet en charge de ce dossier prétendument « mandatée afin d’effectuer ce qui s’apparente à une chasse à l’homme » sont inacceptables et indignes de la profession d’avocat. Ils n’ont pour autres objectifs que d’intimider et de menacer un magistrat dans l’exercice de ses fonctions. »

A l'occasion du procès de Keziah Nuissier, le 9 novembre dernier, les avocats de la défense ont accusé de partialité le procureur de la République, Renaud Gaudeul, mais aussi l'ensemble du système judiciaire. A ce sujet, Renaud Gaudeul a récemment  indiqué qu’il allait engager des poursuites pénales et disciplinaires contre Maitre Constant  et Arneton. Il a également demandé le dépaysement du dossier : " compte tenu de ce comportement qui a été celui de ces deux avocats, je considère que nous n'avons plus à Fort-de-France, la sérénité suffisante pour juger de cette affaire bien précise. J'ai également indiqué que j'allais demander le dépaysement de ce dossier", avait alors indiqué le procureur.

En attendant, le procès est renvoyé au 17 mars 2021.

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