Affaire des archives de la Région : Serge Letchimy placé sous le régime de témoin assisté

Par • Mis à jour le 11/03/2018 - 11:15

Les archives régionales confiées en 2011 au Ceregmia et retrouvées dans un vide sanitaire de la bibliothèque universitaire en septembre 2014 valent à l'ancien président du conseil régional de Martinique, Serge Letchimy d'être placé sous le statut de témoin assisté en septembre 2017, révèle France-Antilles.

    Affaire des archives de la Région : Serge Letchimy placé sous le régime de témoin assisté

C'est un autre de volet de l'affaire Ceregmia. En 2011, une convention signée entre le Conseil Régional et le laboratoire économique placent les archives de la Région sous la responsabilité du Céregmia. La convention prévoit que le Ceregmia conserve et numérise ces 300 m3 d'archives publiques. Coût de l'opération : 160 000 euros versés par la Région au Céregmia et l'achat d'un scanner d'une valeur de 1,2 millions d'euros grâce à des fonds européens.

Les documents sont d'abord placés dans des salles de la BU avant d'atterrir dans un vide sanitaire de la bibliothèque sans aucune protection contre l'eau, le feu, les insectes ou les rongeurs. Un déplacement dangereux décidé par le seul Fred Célimène, directeur du Ceregmia.

Par ailleurs, le fait même de confier les archives publiques de la Région à un organisme extérieur à la collectivité avait été contesté par Henry Delinde, conservateur des archives de la Région.

Les irrégularités de ce dossier ont conduit la juge Joly, chargée de l'instruction de ce dossier, à placer en examen Fred Célimène, ancien directeur du laboratoire CEREGMIA (Centre d'Étude et de Recherche en Économie, Gestion, Modélisation et Informatique Appliquée) et Pascal Saffache, ancien président de l'Université des Antilles-Guyane pour respectivement recel et complicité de recel de délit de favoritisme. L'ancien président de Région, Serge Letchimy a quant à lui été placé sous le statut de témoin assisté alors que le parquet réclamait sa mise en examen pour atteinte à l'égalité d'accès à un marché public révèle le quotidien France-Antilles dans son édition du week-end (10 et 11 mars 2018). En effet, le marché de conservation et de numérisation des documents étant supérieur à 90 000 euros, un appel d'offre aurait du être émis.

"C’est dans le cadre de la vérification du respect des procédures, et en tant que Président de la collectivité, que j'ai été entendu, en toute logique. Comme témoin assisté, j'attends avec sérénité la suite de ce dossier, dans le respect de l’indépendance de la justice", a réagi Serge Letchimy sur sa page Facebook.