De 18 ans à la perpétuité pour les quatre orpailleurs brésiliens jugés en Martinique

Par 20/10/2016 - 14:37 • Mis à jour le 20/10/2016 - 14:37

Les quatre orpailleurs brésiliens ont été condamnés hier (mercredi 19 octobre 2016) par la cour d'assise spécialisée de Fort-de-France à des peines allant de 18 ans de prison ferme à la réclusion criminelle à perpétuité. Ils ont été reconnus coupables du meurtre de Sébastien Pissot et de Stéphane Moralia, deux militaires assassinés le 27 juin 2012 à Dorlin en Guyane.

    De 18 ans à la perpétuité pour les quatre orpailleurs brésiliens jugés en Martinique
Les quatre orpailleurs brésiliens ont été condamnés hier aux Assises spéciales de Fort-de-France à des peines de 18 ans à la réclusion criminelle à perpétuité. Ils étaient jugés depuis une semaine pour les meurtres de Sébastien Pissot et de Stéphane Moralia, deux militaires assassinés le 27 juin 2012 à Dorlin en Guyane.


18 et 20 ans pour les complices

Dans le détail, le jury et la cour ont été au delà de la peine réclamée par l'avocat général concernant Ronaldo Miranda Cavalo qui écope au final de 18 ans de prison. Itamar Bezerra Alvès est condamné quant à lui à 20 ans de réclusion, soit 5 ans de moins que ce qui avait été demandé par le ministère public.

Après plus de quatre heures de délibérés, les jurés et la cour ont reconnu les complicités d'Itamar Bezerra Alvès et de Ronaldo Miranda Carvalho pour les faits qui leur étaient reprochés. Les deux hommes ne sont certes pas les auteurs des coups de feu mortels qui ont tué les deux militaires français le 27 juin 2012, mais ils sont reconnus coupables pour leur participation à ce drame sordide.


La perpétuité pour l'instigateur

Ronaldo Silva Lima, absent au procès, écope pour sa part de 30 ans de réclusion criminelle. Manoel Mourra Ferreira est reconnu comme l'instigateur des meurtres et des tentatives de meurtres des 27 juin 2012 et du 11 juillet 2012. Il écope de la réclusion criminelle à perpétuité.

En effet 15 jours après le double meurtre, la bande des orpailleurs avait tenté de tuer des civils à Régina en Guyane. Blessé au moment des faits l'un d'entre eux, José Onivaldo lacerda Ferreira, un Brésilien, a pu témoigner par visio conférence lors du procès. "C'est toujours très compliqué. C'est un homme qui avait 60 ans au moment des faits. Alors qu'il aimait la pêche, il ne peut plus piroguer. Et puis il y a cette peur qui le tenaille toujours. Et cette cicatrice sur la fesse qu'il voit tous les jours et qui lui rappelle cette nuit là", a commenté maitre Catherine Cardéro, l'avocate du témoin.

Un verdict attendu

Les familles des victimes, des deux militaires n'auront quant à elles pas pu entendre le verdict. Elles ont dû quitter l'île pour regagner l'Hexagone avant l'annonce des différentes condamnations. "On a bien vu que la défense essayait de minimiser les faits qui leur étaient reprochés. Il y a une peine qui va au delà des réquisitions. Ceci dit, mes clients n'étaient concernés que par les faits qui se sont déroulés le 27 juin 2012. La réclusion criminelle à perpétuité prononcée à l'encontre du principal accusé de tous ces faits était attendu. Il faut rappeler qu'il s'est attaqué aux forces de l'ordre, à deux militaires", a déclaré maitre Hélène Cidère, bâtonnier de Guyane qui représentait les familles des militaires.

Karl Lorand et Pegguy Saint-Ville