Démantèlement d'un trafic d’armes sur Whatsapp

Par 19/05/2020 - 17:26
01/01/2020 - 00:00

L'audience du tribunal correctionnel de Fort-de-France du mercredi 13 mai 2020 a permis de juger une importante procédure de trafic d'armes de catégorie B. Ce trafic, organisé par six foyalais âgés de 29 à 74 ans, était principalement réalisé via l'application Whatsapp.

    Démantèlement d'un trafic d’armes sur Whatsapp

"Cette affaire est une nouvelle illustration de l'investissement sans précédent consenti ces dernières années par la justice ainsi que les services d'enquête en Martinique non seulement pour lutter contre la détention d'armes à feu mais également pour démanteler les réseaux criminels qui se livrent à la distribution de ces armes en Martinique.", a indiqué Renaud Gaudeul, procureur de la République.

L'affaire a débuté le 26 avril 2018 avec l'interpellation d'un individu circulant à bord d'un véhicule volé. La fouille du véhicule et la perquisition domiciliaire avait permis de découvrir notamment deux armes de poing et de nombreuses cartouches de catégorie B, un tazer, des produits stupéfiants, des cagoules, une paire de gants.
 
Une instruction judiciaire a été immédiatement ouverte et l'intéressé a été placé en détention provisoire. L'enquête, menée principalement par le commissariat de police de Fort-de-France, avec l'appui de la police judiciaire Antilles-Guyane, a permis de mettre au jour un véritable trafic d'armes chapeauté par cet individu âgé de 34 ans et originaire de Fort-de-France.
 
Ce trafic était principalement réalisé via l'application Whatsapp et les expertises informatiques diligentées ont permis de démontrer que le principal suspect proposait des armes à la vente sur des fils de discussions privés, avec son entourage, ainsi que sur un groupe Whatsapp dédié à la vente illicite d'armes.  
 
Le principal mis en cause a fini par reconnaître son implication face aux éléments très sérieux figurant à la procédure. Il a été condamné à 7 années d'emprisonnement avec maintien en détention des chefs principalement de trafic d'armes de catégorie B et participation à une association de malfaiteurs.

Plus de 400 armes découvertes dans l'atelier clandestin

Cinq autres personnes ont été interpellées au cours de l'instruction judiciaire. Elles ont toutes été condamnées à cette même audience du tribunal correctionnel :
 
Ainsi, le deuxième prévenu est un ami du principal suspect, âgé de 34 ans et foyalais. La perquisition de son domicile familial a permis de découvrir une arme d'épaule, deux pistolets semi-automatique et plus de 500 cartouches. Il a fini par reconnaître l'acquisition illégale de ses armes ainsi que la revente de plusieurs armes. Il a été condamné à 4 ans d'emprisonnement avec maintien en détention des chefs de trafic d'armes de catégorie B et participation à une association de malfaiteurs.

Le troisième prévenu est le créateur du groupe Whatsapp sur lequel les armes étaient proposées à le vente en toute illégalité. Celui-ci pouvait inviter ou supprimer des membres du groupe et il ressort des expertises réalisées qu'il a lui-même proposé des armes à la vente.  Âgé de 32 ans et résidant à Fort-de-France, il a été condamné à 4 ans d'emprisonnement avec maintien en détention des chefs de de trafic d'armes de catégorie B et de participation à une association de malfaiteurs.
 
Le quatrième prévenu est également un ami de la tête de réseau de ce trafic, âgé de 29 ans, et demeurant à Fort-de-France. Il a participé à des transactions d'armes en publiant des messages sur Whatsapp à cette fin. Il a été condamné à 3 ans d'emprisonnement dont 2 années assorties d'un sursis probatoire.
 
Le cinquième prévenu est le demi-frère du principal mis en cause. Il lui était reproché d'avoir servi d'intermédiaire pour des ventes d'armes via Whatsapp. Déjà condamné à deux reprises par le passé pour des faits criminels, il a été condamné à 2 années d'emprisonnement.

Le dernier prévenu est âgé de 74 ans. Il exerçait en qualité d'armurier de manière clandestine depuis plusieurs années. Plus de 400 armes, pour partie irrégulières, ont été découvertes dans son atelier. Il est apparu que le mis en cause acceptait de réparer des armes et qu'il violait la règlementation exigeant un enregistrement administratif des armes déposées et de leurs propriétaires. Il a été condamné à 3 années d'emprisonnement dont 2 années assorties d'un sursis des chefs de détention et acquisitions d'armes de catégorie B et C.

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