"How many Pipo" : Quand une chanson entraîne ses auteurs au tribunal

Par 16/03/2016 - 12:18 • Mis à jour le 16/03/2016 - 12:18

Jean-Philippe Marthély, Douks et leur producteur sont poursuivis pour atteintes aux droits à l’image d’un chauffeur de taxi. Celui-ci n’a pas accepté le titre de la chanson "Aw méni Pipo" (How many Pipo) écrite à partir de son anglais approximatif ! Le professionnel de la route réclame 30 000 euros de dommages et intérêts. L’affaire a été appelée à la barre du tribunal de grande instance hier, mardi 15 mars 2016, mais elle a été renvoyée suite à un problème de procédure.

    "How many Pipo" : Quand une chanson entraîne ses auteurs au tribunal
Tout est parti d’un reportage de nos confrères d’ATV sur le tourisme et un chauffeur de taxi qui croyait maîtriser la langue anglaise, et qui - peut-être - voyant une caméra braquée sur lui s’est laché dans un anglais approximatif... un anglais que l'on qualifierait chez nous de ... "banane" : "How many pipo ? two pipo? No problem, Salines in the aller in the come back....", indiquait le chauffeur de taxi à des touristes qui souhaitaient se rendre dans le Sud.

Des chansonniers inspirés par la scène

C’est une tradition chez nous : de grands chansonniers tels Maurice Alcindor, Loulou Boislaville, Eric Virgal - et pendant de longues années - Jean-Philippe Marthély, ont écrit des chansons sur des faits d’actualité, des chansons devenues carrément des tubes de carnaval comme celle-ci. "Aw méni pipo an ti kay la" qui a fait danser de nombreux carnavaliers pendant les jours gras. Aujourd'hui, voilà que l’idée d’avoir écrit une chanson à partir d’un fait d’actualité se retrouve sur le banc des accusés : Jean Philippe Marthély, Douks et Fred Jean Baptiste, le producteur de la chanson sont poursuivis pour atteintes aux droits à l’image."Il y a quelqun qui croyait pouvoir parler anglais et qui ne sait pas et qui reproche à ces gens d'avoir montré qu'il ne savait pas !" déplore Daniel Romain l'avocat des accusés.

"C'est triste de se retrouver au tribunal pour un morceau dont on ne parle même plus"

Jean-Philippe Marthély lui ne comprend pas ce qui lui arrive et déplore la situation. "Cette chanson n'a pas été faite pour se moquer de qui que ce soit, c'est un petit slogan qu'on a pris... C'est triste de se retrouver au tribunal pour un morceau dont on ne parle même plus", regrette t-il.

En ce qui concerne le chauffeur de taxi qui réclame justice, gare à celui qui lui parlera de cette histoire ! "Je ne donne à personne d'interview", a t-il déclaré avec véhémence dans un créole parfait.

Pipo Marthély a toujours eu pour habitude de faire son public lever la main, cette fois c’est pour un chauffeur de taxi à l'anglais approximatif que le chanteur devra lui-même lever la main devant un juge… pour une chanson de carnaval.

Audrey Ollon et Jean-Marc Pulvar