"Thierry Dol est en reconstruction"

Par • Mis à jour le 29/12/2015 - 12:23

L'ex-otage au Niger Thierry Dol porte plainte contre l'État pour non-assistance à personne en danger et contre son ancien employeur Areva pour mise en danger de la vie d'autrui. Pour rappel Thierry Dol a été enlevé en septembre 2010 par Aqmi alors qu'il était ingénieur pour Areva, il avait finalement été libéré fin octobre 2013 après plus de 3 ans de détention dans des conditions très difficiles. En déposant plainte, l'ingénieur martiniquais souhaite connaître les conditions de son enlèvement et de sa libération.

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Il y a t-il eu une rançon pour cette libération ? Si oui de quel montant et surtout a qui a t-elle été versée ? Pourquoi l'entreprise Areva n'avait -elle pas renforcé la sécurité de ses expatriés ? C'est entre autres pour répondre à ces question que Thierry Dol, ex otage a décidé de porter plainte contre l'Etat mais également l'entreprise qui l'embauchait à l'époque.

L'ancien otage estime qu’Areva et les autorités françaises n'ont pas suffisamment mesuré les risques encourus par les anciens otages. En ce qui concerne Areva, selon lui, "une note de l'entreprise, reçue à l'été 2010, nous incitait à davantage de prudence, preuve que la société n'ignorait pas ces risques". C'est sur un site minier d'Areva à Arlit que Thierry Dol avait été enlevé... Un enlèvement qui signait le début d'un long calvaire pour le jeune martiniquais et ses compagnons d'infortune.

"Le temps ne passe pas pour lui comme il passe pour nous"

Le fonds de garantie propose actuellement 26 euros par jour de détention à l'ex-otage, une somme jugée dérisoire au vu du préjudice subi. De plus rien ne sera plus jamais pareil pour Thierry Dol comme l'a confirmé son avocat maître Alex Ursulet. "Il a des séquelles sur le plan physique et psychologique qu'il faut réparer... Thierry Dol est en reconstruction, le temps ne passe plus pour lui comme il passe pour nous, nous devons respecter cette façon de gérer le temps", a t-il conclu.

Audrey Ollon et Pascale Lavenaire