Vente de cannabidiol en Martinique : le combat d'un chef d'entreprise

Par 30/11/2020 - 12:23
01/01/2020 - 00:00

La vente de cannabidiol, dit CBD, est autorisée selon les lois européennes. Ce dérivé du cannabis, qui n'a pas d'effets psychotropes, a fait son arrivée sur le marché en Martinique. Mais un chef d'entreprise de l'île a rencontré des difficultés avec les douanes.

    Vente de cannabidiol en Martinique : le combat d'un chef d'entreprise

Depuis plusieurs mois, quelques boutiques spécialisées dans la vente de Cannabidiol fleurissent sur l'île. Cette substance, également appelée CBD, est un cannabidoïde, c'est-à-dire une molécule du cannabis. « Les feuilles de cannabis contiennent plusieurs centaines de molécules, dont le CBD. Mais le CBD n'est pas une drogue, il n'y a pas de modification de l'état de conscience du consommateur, et il a des vertus thérapeutiques » explique le professeur Aimé Charles Nicolas , professeur émérite en psychiatrie et en addictologie.

 


Dans ce contexte, la législation européenne autorise la vente de CBD dans ses pays ressortissants. Aussi, plusieurs boutiques ont saisi l'opportunité de ce marché, d'abord dans l'hexagone, puis ici en Martinique.


Mais en juillet dernier, Gilles Baselto, un chef d'entreprise, a rencontré des difficultés avec les autorités douanières locales, qui reconnaissent ce produit comme illégal. Le jeune commerçant a été placé en garde à vue après la saisie puis la destruction de ses produits de CBD, destinés à sa boutique. « C'est vraiment une molécule méconnue, et on peut faire des amalgames facilement, puisqu'elle vient d'une plante qui ressemble à une autre plante qui considérée comme stupéfiante aujourd'hui » se défend aujourd'hui Gilles Baselto. Les conséquences économiques de cette saisie sont également lourdes, liées à la perte d'investissement, mais les douanes pourraient être condamnées à dédommager le chef d'entreprise : « Il y a eu un cas similaire à la Réunion, où les avocats ont saisi le tribunal d'une demande de restitution des produits qui étaient saisis, et la douane a été condamnée à restituer sous astreinte de 100 euros par jour » rappelle Maitre Emmanuelle Bruch, l'avocate de Gilles Baselto.

De leur côté, les services douaniers n'ont pas souhaité « communiquer sur leur saisie de stupéfiants ».
Pourtant, la Cour de justice de l'Union européenne a rappelé à l'ordre la France, le 19 novembre dernier, condamnant l’interdiction en France de la commercialisation du cannabidiol (CBD), soulignant que cette molécule présente dans le chanvre (ou Cannabis sativa) n’a « pas d’effet psychotrope ni d’effet nocif sur la santé humaine ».

 

Le dossier de Jessica Dantin pour RCI :
 

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