Des élus écrivent à Emmanuel Macron pour s'indigner de la possibilité d'un non-lieu dans le dossier chlordécone

Par 22/01/2021 - 10:39

Alfred Marie-Jeanne et Yan Monplaisir ont chacun pris leur plume pour exprimer leur indignation au président de la République. Ils s'étonnent et dénoncent la possibilité d'un non-lieu dans le dossier du chlordécone.

    Des élus écrivent à Emmanuel Macron pour s'indigner de la possibilité d'un non-lieu dans le dossier chlordécone

Le président du conseil exécutif de la CTM, Alfred Marie-Jeanne a réagi au lendemain des auditions des parties civiles dans le volet judiciaire du dossier du chlordécone.

Dans un courrier, dont il a adressé une copie au président de la Région Guadeloupe, Ary Chalus, Alfred Marie-Jeanne interpelle le président de la République.

La possibilité d'un non-lieu indigne au plus haut point le président du conseil exécutif. "Devant de tels faits scandaleux, il m'appartient de vous alerter", écrit Alfred Marie-Jeanne.

J'ai appris avec stupeur que la procédure mise en place depuis 15 ans, pour empoisonnement à la chlordécone, dépaysée à Paris, a fait l'objet d'une manipulation inadmissible voire même d'un déni de justice inacceptable

Le président du conseil exécutif qui est candidat à sa propre succession à la tête de la CTM exige une réaction d'Emmanuel Macron à la hauteur du scandale.

Monsieur le Président, il m'apparaît que votre intervention s'impose en tant que Président du conseil de la Magistrature, pour prendre toutes les dispositions nécessaires pour que les Martiniquais et les Guadeloupéens reçoivent dans cette affaire un traitement équitable, le soutien de l'Etat et une réponse proportionnée au préjudice 

 Yan Monplaisir, premier vice-président de l'Assemblée de Martinique et les élus de son mouvement Ba péyi-a an chans se sont eux aussi adressés une nouvelle fois au président de la République.

Dans ce courrier, les élus indiquent que "comme de nombreuses victimes, nous ne pourrons entendre « non-lieu » pour clore cette affaire."

Toute la société martiniquaise et plus largement des Antilles est atterrée de constater, ce mercredi 20 janvier 2021, qu’une affaire introduite depuis plus de 15 ans sur un dossier aussi sensible que l’empoisonnement à la Chlordécone, pourrait aboutir à un non-lieu en raison de la disparition de pièces du dossier et d’un délai de prescription des faits.

Yan Monplaisir et ses collègues qui sont aussi engagés dans la course aux territoriales rappellent que les "populations ne doivent pas payer les défaillances de la justice dans la protection de ses dossiers ou l’instruction de requêtes dans des délais raisonnable".

Karine Mousseau, conseillère territoriale, Sylvia Saïthsoothane, conseillère exécutive, Marinette Torpille, conseillère exécutive et Diane Montrose, conseillère territoriale associés à Yan Monplaisir demandent donc l'intervention du chef de l'Etat.

Aussi, dans le respect de la séparation des pouvoirs, nous vous demandons à nouveau que tous les moyens soient mis à disposition des magistrats afin qu’ils reconstituent sereinement leurs dossiers, identifient les responsabilités et évaluent le niveau d’indemnisation afférents, notamment sur le principe « pollueur – payeur ». Et sans tarder.

"Ce n’est qu’à ce prix que la Martinique pourra entamer un processus de reconstruction et dépasser les antagonismes créés et largement alimentés par un sentiment lancinant d’injustice, voire de justice à deux vitesses", concluent-ils leur missive. 

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