Municipales 2020 : place à la course aux communautés d'agglomération

Par 02/07/2020 - 06:47
01/01/2020 - 00:00

Maintenant que tous les maires de Martinique sont élus, les regards se tournent vers les trois communautés d'agglomération de la Martinique. Si en principe il n'y a pas de suspens concernant la présidence de la Cacem, la bataille sera plus rude pour Cap Nord et l'Espace Sud.

    Municipales 2020 : place à la course aux communautés d'agglomération

Les élections municipales et communautaires ne sont pas encore terminés. Les 7 maires fraîchement élus au second tour doivent être installés par leurs conseils municipaux puis viendra le quatrième tour avec l'élection des présidents des établissements de coopération intercommunale (EPCI), autrement dit les communauté d'agglomération.

Pour la Cacem, la question semble déjà réglée. Pour maintenir l'unité de l'institution, les représentants de quatre communes se sont mis d'accord sur le principe d'une présidence tournante, il y a plusieurs années déjà. Après Fort-de-France, le Lamentin, Saint-Joseph, c'est donc en principe Luc Louison Clémenté, le maire de Schoelcher qui devrait obtenir le mandat de président de la Cacem pour les 6 prochaines années. Le scrutin se tiendra dès le 8 juillet.

La donne est en revanche différente dans le nord et dans le sud où les négociations et les stratégies politiques vont bon train.

Négociations dans le nord

Ces tractations intenses  font pour l'instant varier les rapports de force. Par exemple à Cap Nord qui rassemble 18 communes, le maire de Sainte-Marie est candidat à la présidence. Il y a quelques jours, il se murmurait qu'il disposait de 35 voix sur les 53 conseillers communautaires.

La configuration aurait cependant changé. Hier, un observateur indiquait que son avance s’était déjà réduite, passant  à 29 voix: Dans le camp d'Alfred Monthieux, le maire du Robert et candidat à sa propre succession à la tête de l'EPCI, on indique disposer d'un nombre de voix équivalent, le chiffe variant de 25 à 29 voix.

Rien de surprenant dans cette affaire puisque l'hyper localisation du scrutin municipal offre aux conseillers communautaires la possibilité de s’engager avec les deux candidats. Un engagement qui ne se fait pas sans contrepartie. Un vote peut ainsi se négocier au prix d'une vice présidence ou une présidence de commission ou la présidence carrément d’un autre organisme. Le scrutin se joue ainsi au plus offrant.

Ceux qui mènent ces négociations pour Alfred Monthieux indiquent par exemple avoir déjà les voix  du Gros-Morne, du Précheur, de Case-Pilote, du  Morne-Rouge, et même du  Macouba et du Marigot. Dans le camp Azérot, ils sont  tout aussi certain d’avoir eux aussi les voix de Case-Pilote et du Morne-Rouge, qu’ils ajoutent à celles de Trinité, du Carbet, d’Ajoupa Bouillon, de Grand Rivière, de Fonds Saint Denis, du Carbet, de Basse Pointe et du Morne Vert. Pour cette dernière commune, le maire Lucien Salibet aurait reçu la promesse d'un soutien pour devenir le président de l’association des maires. 

Les négociations devraient se poursuivre jusqu'au 15 juillet, le jour du scrutin. En attendant une réunion est prévue à Case Pilote avec le maire de Sainte-Marie. Il s'agit de sceller définitivement l’accord avec Ralph Monplaisir, confie-t-on en coulisse. Alfred Monthieux, lui aussi, poursuit ses entretiens avec chaque élu de Cap nord. Il a prévu avec eux deux réunions de travail pour sceller lui aussi ses soutiens.

De nouvelles cartes dans le sud

Dans le sud, Eugène Larcher le président sortant est à la manœuvre pour briguer un troisième mandat. Il pourrait se retrouver cette année face à André Lesueur, le maire de Rivière-Salée. Le maire des Anses d’Arlet qui tient la présidence depuis 12 ans ne serait pas cependant le favori de tous les conseillers communautaires. Certains se sont donc rapprochés d'André Lesueur  mais le maire de Rivière-Salée ne donnerait son accord que si le scrutin est solidement verrouillé, précisent des sources qui suivent l'affaire de près.

L'arrivée de 6 nouveaux maires dans le sud change d'ailleurs la dynamique de la campagne. Les regards se tournent surtout vers Aurélie Nella de Péyi-a. Ce scrutin à l’Espace sud est considéré comme un petit exercice qui permettrait de mesurer son poids électoral dans le sud avant de partir à la conquête de la CTM, l’an prochain. Péyi-a, qui a déjà annoncé ses intentions pour Plateau Roy, profiterait de l’arrivée de Samuel Tavernier au François, de José Mirande au Marin, et d’Aurélie Nella à Ducos pour essayer de  tisser sa toile dans le sud. 

Il s'agit de jouer un rôle de fédérateur autour d’un candidat. Un candidat pourrait être soit André Lesueur, soit issu de la nouvelle génération de maires. 

Ces nouvelles cartes sont forcément à intégrer dans le jeu des négociations. D'autant que ces nouveaux élus qui comptent entre 17 et 20 conseillers communautaires et détiennent désormais une partie des clés de l'élection du président de l'Espace sud. Le scrutin se tiendra le 17 juillet prochain.

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