Violences et narcotrafic : les forces vives réunies à la CTM en vue de la conférence régionale de sécurité
Réunies à la CTM pour préparer la conférence régionale de sécurité de juillet, les forces vives du territoire se mobilisent contre la hausse du narcotrafic et des violences armées. Face à un bilan critique de 14 homicides depuis le début de l'année 2026, les acteurs réclament une meilleure coordination judiciaire.
La réunion de ce mercredi matin (17 juin) à la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) a rassemblé un large panel d'acteurs face à l'urgence sécuritaire.
Ce rendez-vous intervient dans un contexte particulièrement tendu, alors que le territoire a enregistré 40 homicides en 2025 (dont 34 par arme à feu) et déjà 14 homicides depuis le début de l’année 2026, dont 13 commis par arme à feu.
Parmi les personnalités présentes figuraient des maires, des députés comme Jiovanny William, Jean-Philippe Nilor ou Juvénal Rémir, des conseillers territoriaux, ainsi que des représentants de l'État comme la direction de la mer et le vice-procureur.
Le monde économique et associatif s'est également mobilisé via le MEDEF et la MILCEM. Représentant le secteur privé, Philippe Rodap a exprimé l'inquiétude grandissante des entreprises et insisté sur la nécessité absolue de laisser un territoire viable et serein aux jeunes générations.
Les propositions fortes
Le président du conseil exécutif de la CTM a profité de cette tribune pour formuler plusieurs demandes concrètes à l'adresse de l'État.
Sur le plan de la sécurité, il réclame un renforcement immédiat des effectifs de la police nationale, de la gendarmerie et des moyens douaniers, ainsi que l'octroi de postes d'enquêteurs supplémentaires pour la justice.
Il propose également des mesures exceptionnelles, telles que l'instauration d'un plan Vigipirate sur le territoire pour une durée de trois à sixt mois, et la création d'une conférence territoriale du financement pour pallier les difficultés économiques des collectivités locales.
Sur le plan régional, Serge Letchimy souhaite durcir le contrôle des flux.
Constatant une asymétrie avec Sainte-Lucie ou la Dominique, où les critères d'entrée sont stricts, il demande la mise en place d'un document administratif obligatoire pour attester de la durée de séjour des ressortissants de ces îles lorsqu'ils arrivent sur le territoire.
Plus de coordination
Le député Jiovanny William a salué l'initiative tout en pointant du doigt les dysfonctionnements du système actuel, déplorant notamment le taux élevé de classements sans suite, le manque de transparence et les problèmes d'insertion professionnelle en prison.
Plaidant fermement pour davantage de coordination sur certains dossiers judiciaires, le parlementaire a déclaré :
Je pense que nous devons travailler de concert et pas travailler en silo parce qu'on a l'impression que chacun est sur sa ligne de nage et fait ce qu'il veut faire. Non, il faut croiser les éléments, il faut croiser les énergies. Et ça aussi pour les procédures. Parce que là également, il y a des difficultés dans les procédures judiciaires où nous avons des logiciels différents. Et là aussi, il faut croiser les données. Donc ça, c'est du technique. Je pense qu'il faut s'améliorer sur ce point. Évidemment, il y a une amélioration sur le plan des finances parce que les forces de police ont besoin de moyens. Les services d'enquête ont besoin de moyens également. On ne va pas réinventer le monde. Il y a des solutions, il y a des choses qui commencent à être mises en place. Il faut s'assurer de leur continuité, de leur pérennité et de leur efficacité.
Justin Pamphile, président de l'association des maires, a évoqué la gestion du port et le contrôle des entrées et des sorties de marchandises sur le territoire.
Il a s'est interrogé sur la possibilité de fermer l'infrastructure la nuit ou de contrôler systématiquement toutes les personnes qui entrent et sortent.
En réponse, le Préfet a expliqué que les contrôles ciblés se poursuivent et que les contrôles aléatoires se renforcent. Le représentant de l'État a également affirmé que des échanges étaient engagés avec les entreprises du port, comme la CMA/CGM, pour permettre une présence de nuit de la police ou encore renforcer les contrôles biométriques.
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