Que disent les plans de prévention en cas d'éruption volcanique ?

Par 05/12/2020 - 14:04
01/01/2020 - 00:00

Le placement en vigilance jaune de la Montagne Pelée a rappelé aux Martiniquais que le risque volcanique était bien réel sur l'île. Si une éruption n'est pas envisagée à court ou à moyen terme, des plans de prévention existent pour préserver les vies humaines.

    Que disent les plans de prévention en cas d'éruption volcanique ?
Observatoire du Morne des Cadets. ©CTM

La Montagne Pelée est un volcan explosif et à ce titre elle fait partie des systèmes volcanologiques les plus dangereux au monde. Surveillée de très près depuis 1902 par l'observatoire du Morne des Cadets à Fonds Saint-Denis, la Pelée est scrutée sous toutes ses coutures.

C'est ce qui a permis aux scientifiques de détecter sa réactivation au cours des 12 derniers mois. Des observations qui ont conduit à placer le volcan en vigilance jaune au regard de l'augmentation de son activité sismique sous-terraine.

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Néanmoins, le préfet et les spécialistes l'ont rappelé hier : "il n'y a aucun signe précurseur d'une éruption".

Ceci étant dit, précaution est mère de sûreté. Dans une île comme la Martinique, soumise à autant de risques naturels (cyclones, mouvements de terrain, séismes, tsunami, inondation), la prévention doit être un maître mot.

Si la population semblait avoir oublié le risque volcanique, il existe pourtant des documents publics qui font état des conduites à tenir en cas d'éruption.

Ainsi, en janvier 2014, un dossier départemental des risques majeurs a été élaboré par les services de l'Etat. Il reprend des éléments des plans d'organisation de réponse de sécurité civile (ORSEC) et du plan de secours spécialisé (PSS).

Une éruption, plusieurs risques

Ce document précise en premier lieu les manifestations dangereuses d'une éruption d'un volcan comme la Pelée. Ainsi on compte :

  • Les coulées pyroclastiques, aussi appelées nuées ardentes, sont des phénomènes d'avalanche composée d'un mélange de gaz brûlant et de lave incandescente entourés d'un nuage de poussières. Elles peuvent se déplacer le long des flancs d'un volcan ou encore se canaliser dans les vallées. (C'est ce phénomène qui a détruit la ville de Saint-Pierre le 8 mai 1902 au matin)
  • Les téphras, aussi appelés éjectas ou pyroclastes, désignent l'ensemble des fragments de roche solide expulsés dans l'air pendant l'éruption d'un volcan. On distingue les retombées aériennes (cendres et lapili) des projections balistiques (bombes volcaniques). Les particules les plus petites sont susceptibles d'être entraînées par la circulation atmosphérique et peuvent avoir des distances d'effet très grandes.
  • Les émanations de gaz se produisent aussi bien au cours d'une éruption explosive, qu'au cours d'une éruption effusive. Elles peuvent également être plus ou moins continues entre les phases éruptives. Les gaz sont émis au niveau de la gueule du volcan et sous forme de fumerolles sur les flancs.
  • Des séismes peuvent également accompagner les éruptions volcaniques et provoquer des glissements de terrain. Enfin, les explosions violentes, les séismes, les éruptions volcaniques sous-marines ou les glissements de terrain s'ils se produisent dans la mer ou à proximité de la côte, peuvent être à l'origine de raz-de-marée, aussi appelés tsunami.

En Martinique, entre 25 et 30 000 personnes vivent à proximité directe ou indirecte de la Pelée. La carte de l'aléa volcanique englobe 20 communes à des degrés divers. La partie la plus sûre de l'île en cas d'éruption massive se situe au sud d'une ligne Fort-de-France/Trinité.

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Bien entendu, les communes les plus exposées se trouvent à proximité immédiate du volcan. Saint-Pierre, Morne-Rouge, Prêcheur, Basse-Pointe ou encore le Carbet en font partie.

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La solution c'est l'évacuation

Une éruption imminente conduirait probablement à une évacuation massive de la population la plus exposée vers les zones les plus sûres de la Martinique. Cette évacuation peut être spontanée ou dirigée par les autorités. Les deux cas de figures se sont produits en Guadeloupe lors de l'éruption de la Soufrière en Basse-Terre en 1976.

Le report de l'évacuation de Saint-Pierre en 1902 pour des raisons électoralistes avait conduit à la mort de 28 000 personnes. Un fait qui reste bien ancré dans la mémoire collective.

Ce que prévoit le dossier départemental des risques majeurs de Martinique :

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Par ailleurs, chaque commune dispose de son plan de sauvegarde communal. Celui de Saint-Pierre par exemple, prévoit le risque volcanique. Il enjoint les administrés à se préparer à une éventuelle évacuation en cas de réactivation de la Pelée.

Celui de Rivière-Salée envisage également le risque volcanique. Néanmoins, la commune étant assez éloignée de la Montagne Pelée ferait fonction de lieu d'accueil pour les populations directement concernées.

Il est bien entendu important de rappeler à nouveau qu'aucune éruption n'est prévue en Martinique. Cependant, dans une île aussi exposée que la notre la culture du risque qui passe par exemple par la préparation d'un kit de survie doit faire partie intégrante de notre matière de vivre. Un message rabâché régulièrement par les spécialistes.

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