[Audio] Covid-19 : le port du masque est-il vraiment efficace ?

Par 16/11/2020 - 05:00
01/01/2020 - 00:00

C'est un sujet de débat sans fin entre les pour et les contre . Et la récente décision du gouvernement de le rendre obligatoire en classe dès 6 ans a accentué la polémique. Le masque est-il réellement efficace contre la transmission du covid 19? Mirdad Kazanji, directeur de l’Institut Pasteur de Guyane, revient sur les conclusions d’études scientifiques qui démontrent l'utilité de cet outil barrière.

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Mirdad Kazanji ne cache pas son étonnement face à tous ceux qui douteraient encore du rôle du masque contre la transmission et la propagation du virus. Plusieurs travaux scientifiques, publiés récemment et menés par de grands universitaires et de grands chercheurs, démontrent que, quand le diffuseur et le receveur portent des masques tous les deux, ils diminuent de 95% les risques de transmission. "Quand le diffuseur est malade, il va envoyer des millions de particules virales dans l’air, et ça c’est très dangereux pour la transmission, d’où l’importance lui-même qu’il porte des masques pour protéger les autres", explique le scientifique. 

Une étude sur des hamsters

L'une des études publiées s'appuie sur des expérimentations effectuées sur des animaux contaminables par le covid, les hamsters par exemple. "Les scientifiques ont utilisé des tissus semblables aux masques, avec lesquels ils ont entouré des cages d’hamsters infectés par le virus", raconte Mirdad Kazanji. "Ils ont ensuite mis à proximité des cages contenant des hamsters sains, et ils ont étudié la transmission de COVID en présence ou en absence de ces tissus qui constituent les masques. Et les résultats sont parlants : quand il y a des masques, il y a une diminution drastique de la transmission. Quand les deux cages sont entourées de masques, il n’y a pratiquement plus de transmission."

La situation des pays asiatiques vient également renforcer l'argumentaire en faveur de l'efficacité du port du masque. En effet, le nombre de décès et de cas sensiblement inférieur dans des territoires comme Hong-Kong ou la Corée du Sud, peut être directement imputé à la rapidité avec laquelle ils ont adopté le port du masque lorsque s'est déclarée l'épidémie de COVID et l'habitude prise de les porter depuis de nombreuses années.

Absence de masque et climatisation : un cocktail dangereux 

Mirdad Kazanji réfute l'idée que le masque gênerait la respiration, comme le clament certains détracteurs. "Le tissu à partir duquel les masques sont fabriqués n’empêche absolument pas la respiration. Il est évident que quand il fait chaud, c’est difficile de porter le masque, mais ça n’empêche absolument pas la respiration." Il alerte en revanche  sur le danger très sérieux - et encore sous-estimé - du manque d'aération des pièces dans lesquelles les personnes restent sans masques . "La présence de clim sans masques, c’est vraiment dramatique pour la transmission du virus. Si vous êtes dans une pièce fermée avec des clims et plusieurs personnes sans masques, on a montré, dans un papier qui vient d’être publié dans une très grande revue scientifique, que c’est un facteur très aggravant dans la transmission."

Du bon usage du masque 

Si l'efficacité du masque n'est , selon lui, plus à démontrer, encore faut-il apprendre à le porter correctement. "Le masque doit englober le nez et la bouche ensemble pour empêcher l’échange entre les particules éventuellement infectieuses qui contiennent du virus, et notre visage et notre respiration. Et surtout, il ne faut pas toucher son masque tout le temps. C’est un problème majeur parce qu’on voit aussi beaucoup de gens qui n’arrêtent pas de toucher leurs masques avec des mains qui peuvent éventuellement être souillées par le virus et ça c’est très dangereux parce que vous allez apporter le virus à proximité des portes d’entrée, notamment la bouche et le nez. Donc une fois que le masque est mis en place, il ne faut plus le toucher."

Le professionnel met aussi en garde contre la mauvaise utilisation des masques en tissu. Il convient absolument de les laver très fréquemment et de les ranger dans un petit sac propre après utilisation, plutôt que dans sa poche ou son sac à main. Une pratique hélas très répandue, qui contribuent à souiller les masques. 

Quid des jeunes enfants ? 

Mirdad Kazanji dit entendre les interrogations des parents d'élèves depuis que le masque est devenu obligatoire dès 6 ans.  Mais c'est, selon lui, une précaution tout à fait nécessaire  "On sait très bien aujourd’hui que les enfants sont porteurs de virus. Ils sont peu malades, mais ils peuvent être asymptomatiques ou diffuseurs de virus." Une vigilance qui doit prévaloir aussi dans la sphère familiale . "Le danger aujourd’hui c'est que les personnes âgées sont contaminées parce qu’elles sont en contact avec leurs petits-enfants. Donc c’est extrêmement important, quand vous allez voir les grands-parents, que vos enfants, vos petits-enfants portent des masques et restent à une distance importante. On pense que 1 mètre ou 1,5 mètre est vraiment nécessaire. C’est vrai que c’est dur, mais malheureusement il faut éviter aujourd’hui les câlins, les embrassades entre grands-parents et petits-enfants. On a constaté que la majeure partie de la mortalité c’est pour des personnes au-delà de 65 ans, donc il faut être très vigilant aujourd’hui", avertit encore ce spécialiste.  

Ecoutez l'interview de Mirdad Kazanji :

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