Covid-19 : la cinquième vague frappe un hôpital à bout de souffle

Par 14/12/2021 - 07:42 • Mis à jour le 14/12/2021 - 07:41

Alors que la quatrième vague ne s'est jamais vraiment terminée, le nombre de patients souffrant du covid-19 admis en réanimation est reparti à la hausse à l'hôpital Pierre Zobda Quitman.

    Covid-19 : la cinquième vague frappe un hôpital à bout de souffle

Depuis le mois de juillet 2021, le nombre de patients hospitalisés en soins critiques/réanimation n'est jamais redescendu sous la barre de 25. Un effectif important et constant qui montre que la quatrième vague ne s'est jamais résorbée.

Une quatrième vague désormais remplacée par une cinquième vague dont les premières écumes sont observées par le personnel hospitalier. Le lundi 13 décembre 2021, on dénombrait 39 patients souffrant du covid-19 hospitalisés en réanimation au CHU de la Martinique.

Des patients non-vaccinés en écrasante majorité. C'est le cas de Corine*, âgée d'une cinquantaine d'années. Allongée sur son lit d'hôpital, elle respire à l'aide des machines qui l'entourent. La quinquagénaire regrette aujourd'hui d'avoir attendu pour se faire vacciner.

Ce que je voulais, c'était de passer cette phase de connaissance et me dire ça y est je me fais vacciner parce qu'on connaît mais je n'ai pas eu le temps

Depuis le 31 juillet, on dénombre 7 patients présentant une schéma vaccinal complet hospitalisés en réanimation au CHUM sur plus de 900 malades du covid passés dans le service.

"Le profil des patients est assez similaire à celui de la quatrième vague. On a des patients qui sont assez jeunes. On a aussi des patients un peu plus âgés que lors de la quatrième vague. Ceux là n'étaient pas absents de l'hôpital mais comme nous avions du prioriser les soins, on donnait accès à la la réanimation aux patients qui avaient le plus de chances", explique le docteur Cyril Chabartier, chef de service de la réanimation au CHU de la Martinique.

Des patients dont le séjour en soins intensifs peut être très long comme le constate Dominique Bonvette, aide soignante.

On peut dire que ça dure en moyenne 34 jours mais certains vont jusqu'à un mois et demi voir deux mois

Ce nouvel afflux de patients inquiète à l'hôpital public car les effectifs sont décimés par les nombreux départs et le conflit autour de l'obligation vaccinale des soignants. Quant à l'aide extérieure, le CHU ne peut plus compter dessus, les soignants de l’Hexagone étant mobilisés pour faire face à la cinquième vague qui touche le territoire national.

Dans les services de l'hôpital Pierre Zobda Quitman, le personnel fait déjà une croix sur ses congés de fin d'année. "Pour envisager les fêtes en famille, on reste encore prudent. Même si on n'est pas programmé, on reste toujours d'astreinte parce que dans notre tête on sait toujours ce qui peut se passer d'une minute à l'autre", Sarah Sombé, infirmière en réanimation.

Des fêtes de fin d'année dont le personnel soignant craint qu'elles ne soient un catalyseur en matière de contamination.

*le prénom a été modifiée pour préserver l'anonymat de ce témoignage

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