Covid-19 : réanimation saturée et mobilisation générale au CHU de la Martinique

Par 27/07/2021 - 08:06 • Mis à jour le 27/07/2021 - 07:51

La quatrième vague percute de plein fouet le CHU de Martinique. Le personnel a dû revenir de congés et au service de réanimation les cas graves s'accumulent.

    Covid-19 : réanimation saturée et mobilisation générale au CHU de la Martinique

L'ambiance est lourde au service de réanimation du CHU de la Martinique. Dans les couloirs, les bips des respirateurs artificiels se mélangent aux râles de patients dont les poumons ne peuvent plus fonctionner normalement.

Hier, sur le 21 patients soignés dans le service, on en comptait quatre âgés de moins de 30 ans. Depuis les admissions en réanimation ont encore augmenté et les médecins et infirmiers doivent se démultiplier pour prendre en charge 24 patients alors que la capacité d'accueil du service est de 20 lits en principe.

Michelle Longlades infirmière en rea est sur le pied de guerre. Allongée devant elle, une patiente de 58 ans en détresse respiratoire.

C'est son apport en oxygène qui n'est pas suffisant malgré le fait qu'elle ait déjà un respirateur pour l'aider au niveau de ses poumons. Du coup, elle a une machine pour assurer une oxygénation extra-corporelle

Dans une autre chambre, Andy Poulaille, infirmier, est au chevet d'un patient. L'homme âgé d'une cinquantaine d'années observe et communique en clignant des yeux. Sa bouche, elle, tremble à chaque respiration.

C'est un patient qui souffre d'une insuffisance rénale chronique. Il est atteint du covid-19. Il a été admis chez nous pour la dialyse et son état s'est particulièrement dégradé avec le covid

Dans les rangs des cas graves, aucun n'est vacciné. Depuis le 12 juillet, on dénombre un décès par jour du covid-19 à l'hôpital. Alors que le nombre de morts provoqués par la maladie avait stagné à 98 entre le 8 juin et le 12 juillet, il est désormais de 110, soit 12 décès supplémentaires entre 13 juillet 2021 et le 26 juillet 2021.

service réanimation
©CHUM

Une situation catastrophique qui a conduit le CHUM à rappeler les soignants qui étaient partis en congés. C'est le cas d'Audrey Charlebois.

Infirmière au service covid depuis un an, elle est retournée au front pour soigner des patients de plus en plus jeunes emmenés par une 4e vague et son variant alfa, autre nom du variant britannique. Au delà de la fatigue, il y a aussi de l'incompréhension.

Il y a souvent des manifestations sans masque et après les personnes s'étonnent qu'elles soient hospitalisées. On devrait porter les masques dans les rassemblements. On ne sait pas quand ça va se finir. Moi j'ai été rappelé ce week-end pour revenir travailler. On est à bout

C'est aussi le cas de Pauline Lebreton , 28 ans. À l'origine, elle exerce comme interne en gynécologie, depuis hier elle a intégré le service covid.

C'est un peu inattendu. C'est difficile de s'adapter. On ne sait pas combien de temps ça va durer. Est-ce qu'il y aura d'autres vagues ? C'est épuisant.

Des médecins et infirmiers de la réserve sanitaire, des médecins retraités, du personnels d'autres services. Le CHU renforce la gestion du covid comme il peut.

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Une aide bienvenue mais qui a ses limites comme l'explique le docteur Hossein Mehdaoui, chef du service réanimation.

On est allé chercher des gens au bloc opératoire, aux urgences pour venir nous aider mais on ne peut pas exiger de ces gens là qu'ils aient les mêmes performances que des gens qui exercent tous les jours en réa. Le problème n'est pas le nombre de lits matériel, le problème c'est d'avoir autour des gens capables de prendre en charge ces patients. Forcément le nombre très important de malades empêche des prises en charge satisfaisantes

Raison pour laquelle aujourd'hui ou demain, quatre patients seront transférés vers l'Hexagone.

Pour ceux qui continuent à arriver au CHUM, la situation pourrait encore se dégrader avec le départ, à la fin de la semaine de 6 médecins. Les professionnels de santé craignent désormais de devoir trier les patients en fonction de leurs chances de survie et de la gravité de leur état.

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Immersion en réanimation covid-19 volet 1

Immersion en réanimation covid-19 volet 2

 

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