Une fillette drépanocytaire ne peut pas porter de masque, la direction de son école refuse de l'accueillir

Par 10/12/2020 - 09:01
01/01/2020 - 00:00

Une fillette de 6 ans atteinte de drépanocytose ne peut plus se rendre en classe. Sa maladie lui rend impossible le port du masque mais son école refuse de l'accepter malgré la présentation de certificats médicaux.

    Une fillette drépanocytaire ne peut pas porter de masque, la direction de son école refuse de l'accueillir

La fille d'Alida est âgée de 6 ans. Alors qu'elle devrait être en classe avec ses camarades du CP, elle ne peut plus se rendre en classe car le port du masque n'est pas recommandé dans son cas.

Un examen médical indique que l'écolière souffre d'une saturation de son taux d'oxygène dans le sang, ce qui représente une contre-indication au port du masque. Malgré ces constatations, la direction de l'école refuse de l'accueillir.

Voilà près d'une semaine que Alida et son compagnon tentent de trouver une solution. Ils ont d'abord présenté un certificat de la MFME où est suivi leur enfant. La direction de l'établissement a refusé qu'elle se munisse d'une visière pour accéder à l'école car trop dangereuse au moment de la récréation.

Après une autre tentative cette semaine avec un certificat médical stipulant que la petite ne peut porter le masque, c'est le médecin scolaire qui a cette fois refusé. Ce dernier réclame un certificat motivé et plus détaillé sur les raisons de cette requête. Si le certificat est un justificatif en pareil cas, l'avis du médecin scolaire est décisionnaire selon le protocole en vigueur.

Les parents refusent la déscolarisation

"Dès le premier jour, on a eu un appel nous demandant de venir remplir les papiers pour la déscolarisation. Ce n'est pas ce que nous souhaitons. Ce sont eux qui ne l'acceptent pas. Nous avons demandé un suivi pédagogique qui nous a été refusé parce que le fait qu'on refuse de lui faire porter le masque, ça signifierait qu'on souhaite la déscolariser", explique Alida.

Depuis la directrice a proposé de fournir des fiches pédagogiques aux parents qui eux réclament un vrai dispositif afin de maintenir la continuité pédagogique Une réponse insatisfaisante puisqu'ils souhaitent une continuité pédagogique.

L'APIPD, l'Association pour l'Information et la Prévention de la Drépanocytose s'est penchée sur le dossier. "Le problème c'est que si le malade ne respire pas, cela peut entraîner un infarctus pulmonaire. Nous avons alerté les instances nationales sur ce cas. Néanmoins, je pense que la directrice et le médecin scolaire réfléchirons et ferons revenir cette petite fille à l'école", espère Jenny Hippocrate, présidente de l'APIPD.

La municipalité à elle aussi été sollicitée pour permettre de trouver une solution dans cette affaire. "Le problème auquel on est confronté doit toucher beaucoup de jeunes martiniquais. Je souhaite que du côté de l'éducation nationale et du côté des parents on trouve une solution, dans l'apaisement, loin des réseaux sociaux. Je sais que le dialogue n'est pas rompu même s'il y a des incompréhensions", commente Justin Pamphile, le maire du Lorrain.

Selon nos informations, une rencontre est programmée ce matin à 11 heures entre l'inspectrice de circonscription, les parents et la directrice de l'école de Carabin afin de trouver une solution plus adaptée à cette enfant.

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