Assaupamar/Albioma : les écologistes s'insurgent, les convois passent

Par • Mis à jour le 26/08/2016 - 14:36

La nuit de jeudi à vendredi (25 au 26 août 2016) a encore été agitée sur le trajet des convois à destination de l'usine de biomasse du Gallion. Les militants écologistes de l'Assaupamar et leurs soutiens ont tout fait pour arrêter le transport de matériel vers Trinité. Malgré une mobilisation spectaculaire et enflammée, les camions ont pu rejoindre leur point de chute tôt ce matin sous haute escorte policière. En mage des manifestations deux militants ont été placés en garde à vue.

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Avec leurs barrages incendiés, leurs cocktails molotov et leurs projectiles, les écologistes et leurs soutiens ont tout tenté. La nuit était agitée aux abords du port de Fort-de-France. Une fois encore les militants de l’Assaupamar s’étaient réunis pour empêcher le passage du convoi qui transporte le matériel nécessaire au chantier de la centrale biomasse de Galion 2.

Mais la nuit dernière, les manifestants étaient bien plus nombreux. Les écologistes avaient appelé la population à se joindre à eux dans la journée. Vers 22h, les jeunes des quartiers environnants avaient donc grossit les rangs de l’opposition. Une centaine de personnes au total face à laquelle de nombreux policiers étaient mobilisés. Mais pas de quoi contenir les manifestants en colère.

Une colère et des méthodes fortes assumées par les leaders de l'association écologiste. "Les manifestants ont fait ce qu'ils ont pu pour empêcher le convoi d'avancer en utilisant les moyens qu'ils ont à leur disposition. Si vous avez l'habitude de voir les manifestations sur le territoire français c'est du pipi de chat. Nous sommes très gentils en Martinique. Quand vous regardez les agriculteurs qui viennent déverser des tonnes et des tonnes de marchandises pour faire entendre leurs revendications on ne trouve pas ça plus impressionnant que ça", estime Olivier Berrisson, le président de l'Assaupamar.

Un convoi en retard

Malgré la mobilisation plus importante et spectaculaire des écologistes martiniquais, le convoi a réussi à quitter le port. Et c'est sous bonne escorte policière que les camions ont franchi des ronds points qui s'étaient transformés en champ de bataille. À l'Etang Z'Abricot comme à la Brasserie Lorraine, les militants avaient dressé des barrages auxquels ils ont mis le feu.

Le convoi est finalement arrivé à Trinité sur le site de l'usine avec 30 minutes de retard sur l'horaire initialement prévu. À l'Assaupamar on s'interroge sur le déploiement de force autour de ce que les militants appellent le "convoi du cancer" : "Il faut se poser la question : pourquoi l'Etat français met autant de moyen pour défendre une entreprise privée qui vient semer la maladie et le cancer dans notre pays", lance Olivier Berrisson.

Selon l'association au moins un de leur membre a été interpellé et placé en garde à vue après les échauffourés de la nuit dernière. Une deuxième personne a également été arrêtée par les gendarmes et remise à la police.

Karl Lorand, Fanny Marsot et Peggy Saint-Ville