Comment chaque génération vit-elle les obsèques de ses proches ?

Par 01/11/2016 - 16:49 • Mis à jour le 01/11/2016 - 16:49

Les pratiques funéraires en Martinique ne diffèrent guère d'une année à l'autre. Il n'existe pas vraiment de mode ou de tendances même si d'une génération à l'autre le rite accompagnant la mort est nourri de certains détails qui diffèrent selon les tranches d'âge. À la veille du jour des défunts (2 novembre 2016) Un professionnel des pratiques funéraires nous livre quelques explications.

    Comment chaque génération vit-elle les obsèques de ses proches ?
La mort et les rites qui l'accompagnent tiennent une place importante dans la société martiniquaise. Germain Jean-Pierre le sait mieux que quiconque. Responsable des pompes funèbres du Nord, l'homme travaille depuis plusieurs années dans ce domaine.

Les choix et les volontés des décédés et de leurs familles, il les connait bien. Si le processus veillée du corps et enterrement reste quasiment immuables, des tendances émergent au niveau des détails. "On constate qu'au niveau des veillées, les familles nous demandent un petit peu plus décorations florales pour égayer cet instant de deuil. En Martinique trois à quatre professionnels se sont spécialisés dans le domaine de la décoration florale funéraire. Les couleurs sont surtout invariables. Les ornements des tombes s'orientent plus vers les plaques que vers les gerbes pour une question de durée", explique Germain Jean-Pierre.

Le jour des funérailles, les jeunes ajoutent certains détails qui les démarquent de leurs ainés. "Les jeunes aiment à marquer l'instant présent plus que nos ainés qui sont dans une mouvance un peu plus triste. Ce n'est pas festif mais c'est plus démonstratif avec le souvenir de leur défunt perdu", raconte Germain Jean-Pierre.

Certains s'y prennent en avance pour préparer les rites autour de leur mort. "Aujourd'hui beaucoup de gens viennent me voir pour préparer leurs obsèques, ce qui ne se faisait pas il y a de cela quelques temps. Ils aiment à choisir les couleurs de cercueil qu'ils voudront. Ils me disent du blanc, du rouge ou des cercueils avec des petits pois ce que nous pouvons proposer. Nos aînés viennent et aiment discuter du jour de leur enterrement, du choix de leur musique. C'est une tendance", indique le professionnel du funéraire.

Karl Lorand et Pegguy Saint-Ville