L'historien martiniquais Léo Elisabeth a tiré sa révérence...

Par 12/12/2016 - 23:54 • Mis à jour le 12/12/2016 - 23:54

AUDIO - C'est un historien martiniquais un peu atypique qui s'est éteint au début du week-end dernier à Paris. Président de la société d'histoire de la Martinique, Léo Elisabeth, 85 ans, avait une façon bien à lui de raconter et de faire vivre l'Histoire de la Martinique et des Antilles. La petite comme la grande Histoire à commencer par celle de la commune qui l'a vu naître : le Diamant.

    L'historien martiniquais Léo Elisabeth a tiré sa révérence...
Chevalier la Légion d'Honneur et de l'Ordre National du Mérite, commandeur des palmes académiques, Léo Elisabeth, ancien inspecteur pédagogique régional d'Histoire et de Géographie de l'Académie des Antilles et de la Guyane s'est éteint le 10 décembre 2016 à Paris.

Paris, comme Aix et Versailles, comptait au nombre des villes où il se rendait en cette période de l'année pour assouvir sa passion de l'Histoire des Antilles. Toujours à arpenter les Archives pour compléter sa déjà riche connaissance de l'Histoire de nos pays. Un rituel qu'il honorait deux fois par an.

D'aucuns se rappellent son érudition, son souci du détail, son exigence et sa rigueur d'historien. Après des études au lycée Schoelcher où il enseignera quelques années plus tard et durant seize ans, il obtient une licence à Bordeaux et par la suite son agrégation d'Histoire avant de devenir en 1989, docteur en Histoire.

Président de la société d'Histoire de la Martinique jusqu'à sa mort soit durant 27 ans, Léo Elisabeth était un prolifique producteur d'articles dans le Bulletin de cette société, "Les Annales des Antilles".

Les habitués des sorties de terrain de la société d'Histoire se souviennent de sa manière unique de raconter ces petites histoires méconnues qui ont fait la grande Histoire de la Martinique.

Cet art de raconter l'Histoire, il l'a mis aussi au service de la commune qui l'a vu naître le 26 février 1931. Une commune dont il décrivait ainsi la création à l'occasion des 150 ans du Diamant, il y a seulement quatre ans.



Ceux qui l'ont côtoyé de près vous diront que c'était un personnage avec son verbe haut et sa faconde. Qu'il pouvait vous raconter dans le détail l'histoire des noms de famille de sa région comme celle des Larcher. Il fut l'ami de feu l'abbé Bernard David, l'ancien curé du Diamant avec qui il partageait le même intérêt pour l'Histoire de nos pays.

Personnage en effet que ce grand homme, amateur de pêche sous-marine en apnée, qui plongeait à Grand Anse pour aller pêcher du poisson pour sa consommation personnelle.
Jean-Philippe Ludon
@jpludonrci.