Quand les jeunes utilisent la codéine pour "planer"...

Par • Mis à jour le 21/07/2015 - 13:53

L'engouement des adolescents pour les cocktails planants à base de codéine inquiète de plus en plus les professionnels de santé, même si l'usage de ces cocktails reste encore aujourd'hui un épiphénomène aux Antilles-Guyane.

    Quand les jeunes utilisent la codéine pour "planer"...
En cette période de grandes vacances, chez certains jeunes tout est bon pour s’amuser; et cela passe parfois par des comportements préoccupants. Depuis quelques temps, certains professionnels de santé ont constaté que les sirops à base de codéine, ou encore les dérivés de la morphine sont utilisés afin d’élaborer des cocktails festifs. "On constate déjà depuis 2, 3 ans une utilisation de ce type de substances… ça a d’ailleurs été repris par un certain nombre de chanteurs locaux. La codéine est en vente libre, c’est là toute la difficulté." indique Charles Elgéa, Président du syndicat des pharmaciens de la Martinique.

Qui sont les utilisateurs de ces fameux cocktails ?

Ils sont collégiens, lycéens et sont parfois même plus âgés ! Leur "délire" ? S'amuser à mélanger leurs médicaments à des boissons gazeuses ou à des boissons alcoolisées... au choix. Pour justifier ce geste, ils expliquent rechercher la sensation d'ivresse et d'euphorie sans avoir d'effets négatifs... Et c'est là qu'ils se trompent ! C'est justement le manque de connaissances réelles sur les dangers que représentent ces cocktails qui inquiète. Du côté des jeunes, cela semble bien loin de leurs préocupations. "C'est moins dangereux que l'alcool mais c'est assez fort pour que ta tête tourne ! " indique Stacey 16 ans, habituée à ces cocktails.

Une situation qui inquiète, d'autant plus que l'accoutumance est réelle et que le risque mortel est important."Souvent ils n'arrivent plus à s'en passer, ça entraîne quand même une dépendance" constate le docteur Jean-Marie Bolivard.

Ces dernières années, aux Etats-Unis plusieurs décès de rappeurs liés à l'usage excessif de ce cocktail médicamenteux ont été recensés.

Audrey Ollon et Peggy Saint-Ville