Un gendarme martiniquais victime de racisme de la part son chef de service

Par 10/12/2020 - 07:47
01/01/2020 - 00:00

Un gendarme martiniquais de 32 ans a dénoncé pendant trois ans les propos racistes de son chef de service. Il a fini par être entendu par sa hiérarchie. Il a depuis été muté en Martinique.

    Un gendarme martiniquais victime de racisme de la part son chef de service

Ce sont des éléments enregistrés sur la plateforme "Stop Discrétion" de la gendarmerie nationale, qui ont enfin permis de déclencher une enquête interne.

Entre temps, ce gendarme martiniquais avait tout fait pour alerter sa hiérarchie à Grasse dans les Alpes Maritimes où il était en poste. Il espérait faire cesser les discriminations et les insultes racistes commises à son égard par un adjudant chef, son supérieur hiérarchique.

Sur la plateforme "Stop Discrétion", le Martiniquais a finalement raconté toute son histoire. Dans une lettre de neuf pages, il dit tout ce qu'il a subi, des réductions de permission au dépôt d'ordures sur son bureau. S'ajoute des propos racistes. L'adjudant chef dit ainsi un jour à ses collègues : "Bon courage à ceux qui travailleront cet été avec Paul, car quand il fait chaud, un black ça sent".

Des propos raciste qui avaient valu au gradé une sanction de 30 jours d'arrêt, sur une peine maximale de 40. Une peine présentée comme lourde par la hiérarchie de la gendarmerie.

Loin d'être suffisant pour le gendarme antillais qui a essuyé des humiliations et des brimades dès son arrivée en poste. Il évoque notamment une relation à caractère raciste permanente avec son supérieur.

Pas de plainte de la gendarmerie

Il assure ainsi avoir entendu l'adjudant chef avoir traité les personnes originaires d'Afrique du Nord de "bougnoules" et les ultramarins de "fainéants".

C'est cette accumulation de faits relatée par le gendarme qui finira par faire réagir l'IGGN. Le général Poidoux, chef de l'inspection générale, écrit lui même au gendarme martiniquais pour lui présenter les résultats de l'enquête administrative.

Une enquête qui a démontré que "l'adjudant chef avait adopté une attitude pesante et dégradante à l'endroit de certains subordonnés et tenu des propos dévalorisants à l'endroit de certaines personnes, des propos inadmissibles de la part d'un militaire de la gendarmerie".

Malgré ces conclusions, la gendarmerie nationale n'a pas saisi le parquet de Grasse. Le gendarme martiniquais a dû porter plainte pour que l'autorité judiciaire engage des poursuites.

Depuis, le militaire martiniquais a été muté sur île d'origine où il exerce ses fonctions.

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