Victor Schoelcher : les militants s'expliquent et les politiques réagissent

Par 23/05/2020 - 13:34
23/05/2020 - 10:46

Après la destruction, ce vendredi 22 mai 2020, de deux statues de Victor Schoelcher à Fort-de-France et à Schoelcher, les militants et activistes ont expliqué leur geste. Des explications qui se heurtent à ne vague de critique du monde politique local et national.

    Victor Schoelcher : les militants s'expliquent et les politiques réagissent

La destruction de deux statues de Victor Schoelcher, le 22 mai, jour de la commémoration de l’abolition de l’esclavage en Martinique a suscité de vives réactions dans le monde politique local et national. Les militants et activistes expliquent que le problème va au-delà de Victor Schoelcher. Il est question de réparation par la réappropriation.

Des nombreuses personnalités et des organismes ont réagi suite à la diffusion des images des dégradations.

Emmanuel Macron, Président de la République

 

 

Didier Laguerre, maire de Fort-de-France

« Faire tomber une statue n’effacera ni l'histoire de notre peuple ni l'humanisme de Victor Schœlcher et sa lutte acharnée pour la liberté et les droits humains. Le nom de Victor Schœlcher est associé aux grandes transformations sociales et politiques de son siècle et son engagement le plus connu demeura son combat pour l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises en 1848 »

Josette Manin, députée

« L’histoire de notre île est dense, complexe et tumultueuse mais elle est aussi significative et inspirante. Il faut l’accepter dans sa globalité, sans taire notre esprit critique ou notre objectivité, mais surtout sans jamais céder à la violence et au vandalisme. Nos ancêtres ont brisé eux-mêmes leurs chaînes. C’est là notre plus grande fierté ! »

Fondation pour la mémoire de l'esclavage

« La figure de Victor Schoelcher appartient à l'histoire du combat pour la liberté et l'égalité. Ce combat a réuni les personnes réduites en esclavage, qui n'ont cessé de se révolter contre leur état, et l'ont fait encore le 22 mai 1848 en Martinique, et des militants abolitionnistes comme Victor Schoelcher qui ont mis ce combat au cœur du projet républicain. Nier cette histoire va à l'encontre de l'émancipation des femmes et des hommes, par la culture, par la sécurité économique, par la reconnaissance des droits humains, qui est toujours un sujet d'actualité aux Antilles, dans toute la France et dans le monde. »

Johnny Hajjar, secrétaire général du PPM

« Affronter l’Histoire, toute l’Histoire, est la seule manière de construire un pays et un peuple uni et prêt à relever les défis du XXIè siècle. Il ne faut pas se tromper de combat. S’en prendre à Victor Schœlcher est un contre-sens historique et politique et ne sert pas la cause de la réparation des injustices en Martinique. Victor Schœlcher s’impliqua dans la lutte pour les valeurs républicaines. Son engagement le plus connu est son combat pour l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. Le défi du peuple martiniquais aujourd’hui est de pouvoir se rassembler autour d’une histoire partagée soucieuse de consolider un destin commun et tourné vers un avenir rempli d’espoir. »

Serge Letchimy, député

« Cet acte est condamnable par le trouble qu'il crée et la confusion qu'il entraine alors que Victor Schœlcher a, par son œuvre tout au long de sa vie, été de tous les combats humanistes, et pas seulement dans sa lutte pour l'abolition de l'esclavage, mais aussi pour l'abolition de la peine de mort, l’amélioration des conditions de détention des prisonniers politiques, l’affirmation du droit des femmes et des enfants, la création de l’enseignement public, laïque et obligatoire, tout en dénonçant le cléricalisme dominant. Voilà pourquoi tout acte révisionniste ou négationniste est condamnable dans ses excès »

Annick Girardin, ministre des Outre-mer

« Au-delà du vandalisme, c'est la mémoire de Victor Schœlcher que l'on a voulu salir. La mémoire d'un homme qui a fait de la liberté le principal moteur de son engagement politique. La mémoire d'un homme dont les cendres ont été transférées au Panthéon en 1949 pour saluer son action en faveur de l'abolition de l'esclavage. S'il est permis à tous de questionner l'histoire, cela nécessite un travail méthodique et rigoureux ; en aucun cas, cela ne doit se faire à travers la destruction des monuments qui incarnent notre mémoire collective. », 

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