Meurtre entre amis à Trois-Rivières : Thomas Paisley écope de 14 ans de prison

Par 04/05/2022 - 09:54 • Mis à jour le 04/05/2022 - 09:49

Hier soir, mardi 3 mai 2022 , la Cour d'Assises de Basse-Terre a jugé Thomas Paisley coupable de meurtre et l'a condamné à 14 années de réclusion criminelle. Le jury est allé au-delà des réquisitions de l'avocat général.

    Meurtre entre amis à Trois-Rivières : Thomas Paisley écope de 14 ans de prison
Le jury de la Cour d'Assises de Basse-Terre est allé au-delà des réquisitions du ministère public

Une peine supérieure aux réquisitions

Les réquisitions de 12 ans étaient-elles trop faibles ou le verdict de 14 ans est-il trop fort ? Comme toute décision de justice, il s'agit de trouver un juste milieu. Un consensus qui fasse foi et qui tienne compte des éléments du dossier mais également des débats à l'audience. 

En la circonstance, il semble que la balance de la justice ait relativement bien fonctionné. Chacun a assumé et reconnu que l'on était plus face à un triste épilogue qu'à un règlement de compte.

Rien ne prédisait à un tel scénario, d'autant que quelques minutes avant le drame, les 2 garçons de 19 et 20 ans faisaient la fête depuis plusieurs heures et semblaient s'entendre comme larrons en foire.

Le condamné ne fera pas appel

Thomas Paisley a décidé de ne pas interjeter appel du verdict. Il encourait une peine maximale de 30 ans et écope de 14 ans au final.

Au moment du verdict, il n'y avait ni vainqueur, ni vaincu mais deux familles éprouvées et deux vies de deux jeunes définitivement marquées car même lorsqu'il sortira un jour de prison, le condamné gardera toujours en lui l'issue fatale, irréparable de ce fameux 26 février 2020.

Maître Annick Martial qui défendait les intérêts des proches de la victime s'est dite soulagée que la justice soit passée et cela en toute sérénité, sans esprit de vengeance. :

Les parties civiles ne demandaient aucune vengeance. La douleur qu'elles éprouvent du fait de la perte ad vitam aeternam de leur fils, de leur frère, de leur père, de leur compagnon est suffisamment difficile. Et ça, c'est une, je dirais, c'est une éternité, c'est une perpétuité qu'ils vont devoir vivre tous . Oui, la justice est passée. Concernant Mr Thomas Paisley, c'est un soulagement. Aujourd'hui je dirais, le travail de deuil se poursuit mais certainement va continuer différemment.

Du côté de la défense, on accepte le verdict même si l'on espérait une reconnaissance différente avec une qualification des faits en violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner, comme l'explique Maître Lorenza Bourjac : 

On sait comment ça se passe au niveau de la Cour d'assises. Il faut bien évidemment savoir qu'il s'agit avant tout d'une question de points de vue, des points de vue qui sont débattus. Ce qui me conforte, moi, dans la requalification que j'avais sollicitée devant la Cour d'assises, c'est que le procureur de la République, durant l'information, avait considéré aussi qu'il n'y avait pas suffisamment d'éléments permettant de caractériser l'intention criminelle. Donc, nous n'étions pas sur la mauvaise voie juridique. La Cour n'a pas suivi parce qu'elle a considéré, pour des motivations qui restent les siennes, qu'effectivement la qualification de meurtre devait être retenue 

Pour Maître Laurent HATCHY, un des deux avocats de la défense, il faut savoir accepter un verdict et mettre fin aux souffrances :

Mon client entend respecter la décision de la cour d'assises. Autrement dit, pas d'appel. Naturellement, nous sommes déçus puisque je crois que c'était un dossier où on pouvait s'attendre à un geste de clémence de la part de la Cour d'assises qui en a décidé autrement. C'est malheureux, mais comme je l'ai dit en Cour d'assises, il n'y a pas de gagnant, il n'y a que des perdants. Une famille qui pleure et une autre qui pleure aussi, privée de son fils pendant quatorze années. C'est un dossier dans lequel on ne s'explique pas le dérapage. Personne n'a compris ce qui s'est passé. Qu'est ce qui a pu déclencher cet événement de violence ? Malheureusement, il a été déclenché. Les faits malheureux se sont produits. On ne peut pas revenir dessus et si on pouvait réparer, on l'aurait fait.

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